Le Bal des Débutantes – Retour d’expérience, premier match de Pony Stark #OB1

affiche-match-bal-des-débutantes_grrriottes-girrrls-212x300 Lorsqu’on a 21 ans et qu’on fait tourner sa vie autour du patin à roulette et de bagarre, l’organisation du premier match avec son équipe, dans sa propre ville, c’est un peu comme le jour où Spiderman découvre qu’il a des superpouvoirs. Il y a beaucoup de sentiments qui s’entremêlent : La fierté, l’excitation, la joie, l’angoisse… un mélange émotionnel détonnant partagé par une équipe de furies en rollers. Si je devais vous raconter cette journée, sans m’étaler sur tous les préparatifs du match qui angoissent, qui rongent et dont on ne se souvient absolument pas quand, toute couverte sueur, on se jette dans les bras de ses coéquipières pour accueillir une victoire tellement méritée; et bien si je devais vous raconter cette journée, je vous ferais la confidence de la plus belle expérience de ma vie. C’est beau une première fois, c’est naïf une première fois, c’est de la magie, des étoiles dans les yeux. Pour vous, je vais essayer :

24 Juin 2012, Patinoire de la Duchère, Cannibal Marmots et Grrriottes Girrrls. Le rendez vous était donné, bienvenue au Bal des débutantes, à notre bal des débutantes. La première entrée sur le track des équipes voisines de Grenoble et de Lyon, la concrétisation de longs mois de préparation, pas toujours de tout repos. Un match qui représente l’aboutissement d’une équipe, une fin de saison, une récompense. Un match qui témoigne d’une passion et qui ne signifie pas seulement un sport. Il a aussi un enjeu, celui de vous faire aimer le Roller Derby, de vous donner envie de nous soutenir. Bienvenue au premier match de Roller Derby organisé à Lyon.

Entre nous, vous connaissez ce sentiment qui vous remplit de peur, cette boule au ventre qui vous fait bouillir le sang, vous savez…les jambes qui tremblent sans pouvoir rien y faire. Sur le Track, mes patins aux pieds, je me revois jeter un coup d’œil à la foule, je me souviens avoir tremblée plus fort encore quand le regard de 150 personnes se posait sur nous et nos modestes compétences de Derby Girl. Noir, rouge et argent, peintures de guerres et drapeau fièrement agité, nos noms résonnent dans la salle sur la chanson de Le Tigre. Je ne peux contenir cette bombe qui arrache ma cage thoracique, je ne peux non plus contenir la fierté d’être un membre de cette équipe. Deux coups de sifflet plus tard ce fut la fin de la vie telle que je la connaissais.

C’est cette heure de match qui a justifié mes 3 jours d’entraînements par semaine, celle là même qui a rendu possible chacune de mes ambitions sportives à venir, et encore celle-ci qui m’a fait réaliser l’amour que je portais à mon équipe.

Alors oui, je suis là, maintenant, sur ma ligne de pivot, la main posée sur la cuisse de Royal Coccyx pendant que mon regard croise furtivement celui de Super Matozoïde. Un coup de sifflet, un silence, puis plus rien. Deux autres sifflements. La voix de Margaret Catch Her, les cris du public, mon cœur qui bat. La victoire n’est pas une option aujourd’hui et je donne tout, au delà de moi-même. Il fait chaud, vraiment trop. Mais qu’importe, tout le monde semble aimer ce moment. Karla Shnikov et Miss Fist, nous envoient sur le terrain, comme si nous étions des soldats sur le front. Puis la mi-temps. On mène, alors l’espoir ne nous quitte plus, alors on se voit déjà gagnante. La rage de vaincre dans les yeux. Les chutes, les fautes, les hits s’enchaînent à nouveaux. La valse des points entretient un suspens qui maintient tout le monde en haleine. Sur le banc, je regarde mon équipe s’acharner, je les regarde ne rien lâcher. Bordel, vous savez ce sentiment qui vous consume de l’intérieur, vous vous souvenez de l’adrénaline qui monte, du bonheur communicatif, et de l’invulnérabilité du combattant qui ne veut rien lâcher. Vous savez…ce sentiment, quand vous êtes sur le terrain et que les coups de sifflet finaux annoncent la fin du match. Cette seconde délicieuse où votre corps ne vous appartient plus et où vous comprenez que vous avez gagné. Ces minutes trop courtes où plus rien n’existe si ce n’est ces joueuses, ces coéquipières, ces amies qui ont tout donné et dont on ne veut pas relâcher l’étreinte. Ces heures qui suivent à en reparler, à le fêter.

Ce match n’était pas seulement une expérience sportive, c’était également une expérience humaine. C’est aussi une histoire d’amitié, une passion que l’on veut communiquer, que l’on veut partager et que l’on veut faire aimer, ici à Lyon. Aujourd’hui si nous sommes sur nos rollers c’est pour devenir nos propres héroïnes et si l’on s’entraîne encore aussi dur c’est pour revivre tout cela, car c’est une drogue. Ce match, je suis heureuse de l’avoir partagé avec vous, les Grrriottes. Ce match j’espère qu’il vous a plu à vous qui ne connaissiez pas le Derby. Et j’espère que nous vous avons donné l’envie de revenir nous soutenir, parce que du soutient, on en a bien besoin!

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